Tirawa - Voyages et circuits

Le Mag' de Tirawa : Carnet de voyage - Hanami au Japon : partez à la découverte des cerisiers en fleurs

Hanami au Japon : partez à la découverte des cerisiers en fleurs

Hanami au Japon : partez à la découverte des cerisiers en fleurs

Japon, Asie Pacifique

Hanami au Japon, c’est l’événement qui célèbre l’arrivée du printemps. Pour quelques mois, le pays se colore en rose et blanc et la transition vers l’été se déroule dans une célébration de la nature. Avec le cerisier et l’éclosion des bourgeons comme symbole saisonnier. Ce moment s’appelle hanami et possède des racines profondes dans la culture japonaise. Alors si contempler les fleurs de sakura vous fait rêver, Tirawa vous livre tout ce qu’il faut savoir avant de partir vivre cette expérience exaltante.

Comprendre le Hanami : origines et signification culturelle d’une passion nationale

Histoire du Hanami

Hanami signifie « contempler les fleurs » et cette tradition japonaise remonte à plus de mille ans. De nombreux récits populaires portent cette tradition. Célébrer la floraison des cerisiers s’ancre aussi dans l’histoire du Japon.
La contemplation des fleurs dans l’archipel commence à prendre une forme organisée au VIIe siècle. La première fête officielle de hanami, accompagnée de musique, de poésie, de nourriture et de boissons, est attribuée à l’Empereur Saga, à l’époque de Heian (794-1185). Elle devient un rendez-vous régulier de la cour impériale au IXe siècle.
Pendant longtemps réservé à l’aristocratie, le hanami s’est progressivement ouvert à l’ensemble de la population à partir de l’époque d’Edo (1603-1867), sous l’impulsion du Shogun Yoshimune, qui fit planter des milliers de sakura dans les parcs publics d’Edo, l’actuelle Tokyo. Depuis, la tradition ne s’est jamais interrompue. Elle reste aujourd’hui l’un des moments les plus attendus de l’année, célébrée du nord au sud de l’archipel avec enthousiasme.


Hanami et sa dimension spirituelle

Bouddhisme et shintoïsme ont très tôt donné une dimension spirituelle au printemps, en faisant du sakura un symbole de la beauté éphémère et de l’impermanence des choses.
En plus de la poésie et de la beauté des paysages qui se teintent en blanc et rose, ce qui rend le hanami si particulier, c’est sa philosophie. Les pétales qui tombent ne sont pas vécus comme une perte. C’est plutôt l’aboutissement d’un cycle. Pour les Japonais, la beauté du sakura réside précisément dans sa fragilité. Cette vision, très ancrée dans la pensée nippone, répond au concept de « mono no aware » : la conscience émue de l’impermanence des choses.

Tout savoir sur le « Sakura Zensen » et les prévisions

Le sakura Zensen, qu’est-ce que c’est ?

Sakura Zensen signifie « front de floraison des cerisiers » et désigne la progression du fleurissement du sud au nord de l’archipel. Un phénomène suivi avec une précision quasi scientifique, et attendu chaque année comme un événement national.
En règle générale, l’éclosion des fleurs débute fin mars sur l’île de Kyushu, la plus méridionale de l’archipel. Elle se déplace progressivement vers le nord pour atteindre Hokkaido fin mai. Ce mouvement offre une fenêtre d’observation prolongée sur l’ensemble du territoire. La géographie particulière du Japon, avec ses îles étalées sur près de 3 000 kilomètres, donne aux amateurs de multiples occasions de croiser le spectacle des sakura à la pleine période. Si vous vous demandez « quand partir au Japon ? », le printemps est l’une des plus belles saisons pour découvrir l’archipel, avec des températures douces avant l’arrivée des pluies en juin. Chaque année, Tirawa programme un circuit spécialement conçu pour suivre les floraisons à travers les hauts lieux de l’île de Honshu : Tokyo, Osaka, Kyoto et jusqu’à Miyajima, entre côte pacifique, mer du Japon et panoramas sur le mont Fuji.

Japonaises sous cerisiers au Japon
Japonaises sous les cerisiers au Japon

Comment sont prévues les dates de floraison des cerisiers au Japon ?

Depuis la seconde moitié du XXe siècle, la Japan Meteorological Corporation (JMC) établit chaque année des prévisions pour anticiper les dates d’apparition des fleurs. Sa méthode repose sur l’observation d’un cerisier de chaque espèce et sur le suivi d’une soixantaine de stations réparties sur tout le territoire. Les températures minimales d’automne et d’hiver, les températures cumulées au printemps et les données historiques propres à chaque zone entrent en compte dans le calcul.


La floraison reste avant tout un phénomène naturel, imprévisible dans ses détails. Un hiver trop doux peut avancer le calendrier de plusieurs semaines ; une vague de froid tardive peut le repousser. Si vous êtes flexible, préférez un voyage sur mesure, ajustable en fonction des annonces de l’année.

Où admirer les cerisiers à Tokyo et Kyoto ?

Les meilleurs endroits pour voir les cerisiers en fleurs à Tokyo

Tokyo offre des dizaines de sites exceptionnels pour admirer la floraison. En voici cinq qui méritent particulièrement le détour :

  • Chidorigafuchi : les douves du Palais Impérial bordées de cerisiers offrent l’un des panoramas les plus photographiés de la capitale. Louez une barque au crépuscule et voguez sous les branches en fleurs.
  • Shinjuku Gyoen : ce jardin national mêle plantes japonaises, jardin à la française ou à l’anglaise et serre tropicale. L’un des rares parcs à jouer les prolongations grâce aux différentes variétés qui fleurissent en décalé.
  • Parc d’Ueno : haut lieu du hanami populaire à Tokyo, le parc accueille chaque année des dizaines de milliers de Japonais sous ses 800 cerisiers. C’est le lieu parfait pour profiter de l’ambiance festive et animée, surtout en soirée.
  • Rivière Meguro : le long canal bordé d’arbres qui serpente dans le quartier de Nakameguro est devenu l’un des spots les plus courus de la capitale. Les branches forment un tunnel de fleurs rose au-dessus de l’eau.
  • Parc Sumida : l’un des parcs historiques pour le hanami, avec vue sur la Tokyo Skytree.

Douves_Tokyo_Chiyoda_Tokyo_Japan
Barques dans les douves de Chiyoda à Tokyo

Les meilleurs endroits pour voir les cerisiers en fleurs à Kyoto

Ancienne capitale impériale, Kyoto est sans doute la ville qui sublime le mieux la fleur de cerisier. Si vous avez en tête des images du Japon, elles prendront vie ici. Car le contraste entre l’architecture traditionnelle et les nuées de pétales blancs et roses crée des panoramas vraiment esthétiques.
Le chemin de la Philosophie (Tetsugaku no Michi) : deux kilomètres de promenade le long d’un canal reliant le Ginkaku-ji au temple Nanzen-ji. La balade la plus emblématique du printemps à Kyoto.

  • ParcMaruyama : au cœur du quartier de Gion, ce parc est célèbre pour son cerisier pleureur centenaire illuminé à la tombée de la nuit. L’endroit se transforme en scène de hanami dès la fin d’après-midi.
  • Temple Toji : le cerisier pleureur du temple, planté près de la pagode à cinq étages (la plus haute du pays), offre une composition visuelle que vous ne vous lasserez pas d’admirer. De jour ou illuminé en soirée, le spectacle est toujours au rendez-vous.
  • Keage Incline : 582 mètres de rails désaffectés d’un ancien chemin de fer sont encadrés par des rangées de cerisiers. Un décor poétique et moins fréquenté que les grands sites à parcourir à pied.
  • Jardin botanique de Kyoto : plus de 200 variétés de cerisiers réunies dans un même lieu, dont certaines rarissimes. Si vous avez envie de comparer la couleur et la taille et le rythme d’éclosion des fleurs et approfondir votre connaissance du sakura, c’est là qu’il faut vous rendre !

Pagode 5 étages
Pagode à 5 étages

L’art du pique-nique japonais sous les arbres

Hanami signifie « contempler les fleurs ». D’accord, mais comment les Japonais s’y prennent-ils pour vivre cette expérience ? C’est très simple ! Ils louent ou étendent une natte sous les branches et se rassemblent pour un pique-nique convivial. Partager le contenu des boites, trinquer, rire, se photographier… Tous ces moments sont au cœur de la tradition nippone. Alors dès les premières floraisons, partout à travers le pays, famille, amis et/ou collègues investissent les parcs. Alors si vous voyagez au printemps, n’oubliez d’inscrire un pique-nique japonais dans un parc sur votre liste de « que faire au Japon ? ». Dans une version « cuisine nippone traditionnelle » ou plutôt « snack rose et blanc en édition limitée » ? À vous de voir…

  • Bento hanami : la boîte-repas se compose selon les préférences de chacun et la saison. Sushis, tempuras, yakitori, petits légumes marinés, toute la gastronomie japonaise à emporter.
  • Sakura mochi : le fameux mochi, ce gâteau de riz gluant dans sa version « hanami ». De couleur rose, fourré à la pâte de haricots rouges sucrée (anko) et enveloppé dans une feuille de cerisier marinée au sel, il se distingue par une saveur, à la fois douce et légèrement salée.
  • Onigiri : les petits triangles de riz garnis au thon, saumon ou prune umeboshi sont parfaits pour une pause sous les frondaisons. Faciles à trouver en chemin et à transporter jusque dans un parc.
  • Hanami dango : ces trois boulettes de riz gluant enfilées sur une brochette n’ont pas un goût très prononcé. Ce qui compte ce sont leurs couleurs : rose, blanc et vert, dans cet ordre. Habituellement recouverte de sauce sucrée, la version printanière reste plus épurée.
  • Saké, bière et boissons de saison : la boisson reine du hanami, c’est le saké. Certaines brasseries proposent des éditions spéciales parfumées au sakura pour l’occasion. Tout comme la bière ou les sodas dont les emballages et parfois la recette fleurissent en rose.

Pique_nique_cerisiers
Pique-nique sous les cerisiers

Le manuel de savoir-vivre pour un Hanami réussi

Comme les autres fêtes japonaises, hanami obéit à des règles implicites et précises. Le savoir-vivre a beaucoup d’importance au Japon alors mieux vaut adopter un comportement juste pour profiter de l’expérience comme il se doit.

  • Ne pas marcher sur les racines des cerisiers : les racines superficielles sont fragiles. S’y asseoir ou les piétiner peut les endommager et affaiblir l’arbre. Prendre une meilleure photo ne justifie pas de détériorer l’arbre..
  • Ne pas secouer les branches : faire tomber les pétales artificiellement pour un selfie est une pratique de plus en plus répandue chez les touristes. La chute naturelle des pétales est déjà magique. Autant que la période de floraison est courte. Pas besoin de la réduire encore…
  • Ne pas accrocher d’objets aux branches : graver ses initiales, suspendre sa veste, s’agripper… autant d’actions à éviter strictement. Chaque cerisier est un élément du patrimoine naturel et culturel japonais.
  • Respecter les règles locales : chaque parc ou municipalité peut imposer ses propres règles. Le Shinjuku Gyoen, par exemple, interdit l’alcool. Les barbecues, la musique forte et les instruments peuvent être prohibés dans de nombreux sites. renseignez-vous avant de vous installer.
  • Ne pas monopoliser l’espace trop longtemps : réserver un emplacement pour un groupe sur plusieurs jours consécutifs est perçu comme un manque de respect pour les autres visiteurs.
  • Rapporter ses déchets : les poubelles publiques sont rares au Japon. Prévoir des sacs et rapporter ses déchets chez soi, en faisant le tri. Un geste naturel pour les Japonais, qui nettoient même les tribunes après un match.
  • Modérer le bruit : l’ambiance est festive, les verres s’enchaînent, mais un niveau sonore raisonnable reste attendu, surtout en soirée.

Yozakura : la magie des cerisiers illuminés à la tombée de la nuit

Le jour, les cerisiers fleuris offrent un spectacle exceptionnel, tout en douceur. Mais quand le soleil se couche et que les projections lumineuses prennent le relais, les sakura révèlent un autre visage, plus onirique. Ce rituel nocturne porte son propre nom : le yozakura, littéralement « cerisiers de nuit ».
À Kyoto, deux sites méritent particulièrement le déplacement pour le yozakura.

  • Le temple Kiyomizu-dera, perché sur les hauteurs, est illuminé en soirée pendant la période de floraison. La vue depuis la terrasse en bois sur les cerisiers éclairés et les lumières de la mégapole en contrebas est l’une des plus belles qu’offre la ville.
  • Dans le quartier traditionnel de Gion, la rue Shinbashi-dori mérite le détour. Au bout, elle passe au bord de la rivière Shirakawa, illuminée pendant la saison des fleurs. Les cerisiers qui bordent le canal forment alors un tunnel lumineux au-dessus de l’eau, avec en fond les façades de bois des machiya (maisons traditionnelles). Un cadre tout droit sorti d’une estampe ancienne.

Lumières des cerisiers dans la nuit
Lumières des cerisiers dans la nuit

FAQ

Combien de temps les cerisiers restent-ils en fleurs ?

La floraison d’un cerisier dure entre une et deux semaines, avec un pic de cinq à sept jours lorsque les ¾ des fleurs de l’arbre sont écloses. C’est cette brièveté qui rend le hanami si intense. Entre le début à Kyushu et la fin, au nord d’Hokkaido, la saison du Sakura Zensen s’étale sur plus de 2 mois. Autant de chances d’être au bon endroit, au bon moment.


Quand partir pour être sûr de voir les cerisiers fleuris ?

Aucune certitude n’est possible : la floraison est un phénomène naturel. Le calendrier peut subir un décalage de deux à trois semaines en fonction des températures de l’hiver. Pour partir au bon moment, deux réflexes : consulter les prévisions de la JMC publiées chaque mois de janvier, et suivre l’application Sakura Navi pour des données en temps réel. Un voyage sur mesure avec Tirawa permet d’ajuster les dates en fonction des annonces de l’année.

Quels sont les évènements traditionnels liés aux cerisiers en fleurs ?

  • Assister à un festival est toujours un moment fort d’un voyage. Et le printemps occasionne de nombreux événements qui célèbrent les sakura à travers tout l’archipel. En voici quelques-uns qui valent le coup d’œil :
  • Festival de Takayama (Gifu, avril) : embarquer pour l’un des plus beaux festivals du pays, classé bien culturel national, où des chars monumentaux défilent sous les cerisiers en fleurs dans les quartiers anciens de Takayama.
  • Miyako Odori (Kyoto, avril) : assister aux représentations de danse traditionnelle données par les geishas du quartier de Gion pendant tout le mois d’avril. Ce spectacle annuel, fondé en 1872, accompagne le fleurissement des cerisiers depuis plus d’un siècle.
  • Hanami à Kinugawa Onsen et sanctuaire de Gokoku-Jinja (Tochigi, avril) : profiter de la combinaison unique d’un bain thermal en plein air et de la contemplation des cerisiers dans ce site thermal entouré de nature, à deux heures de Tokyo.
  • Hirosaki Cherry Blossom Festival (Aomori, fin avril) : découvrir l’un des plus grands rassemblements de cerisiers du Japon au pied du château d’Hirosaki, dans le nord de Honshu. Plus de 2 600 arbres entourent les douves, dont certains datent du XVIIe siècle.

Floraison des cerisiers dans le Parc Hirosaki
Floraison des cerisiers dans le Parc Hirosaki

Quels sont les parcs moins connus pour découvrir les cerisiers en fleurs ?

  • Mont Yoshino (près de Nara) : classé à l’UNESCO, il rassemble des milliers de cerisiers en rangs serrés sur les pentes de la montagne. La montée peut s’effectuer en téléphérique et la descente à pied pour savourer l’ambiance calme et douce.
  • Parc Maruyama de Sapporo (Hokkaido) : au nord, les fleurs se font tardives, souvent en mai. Un cadre forestier plus sauvage que les jardins urbains, idéal si vous préférez les environnements plus préservés.
  • Parc du château d’Osaka : satozakura, yamazakura, de montagne, Somei-Yoshino, à fleurs doubles, pleureurs… ce sont plus de 600 spécimens qui fleurissent autour des douves, avec le donjon historique en toile de fond.

Et l’inattendu a toujours sa place… Le plus beau cerisier que vous croiserez sera peut-être un arbre isolé dans une ruelle calme, le jardin d’un ryokan, le bord d’un onsen ou le coin d’un temple tranquille. Ces arbres-là, sans signalétique ni foule, seront peut-être votre plus beau souvenir.

Chateau d'Osaka
Château d'Osaka

Où voir les cerisiers en fleurs dès février et début mars ?

Les cerisiers Kanhizakura, fleurissent dès la fin janvier-début février et c’est sur l’île d’Okinawa que vous trouverez cette espèce précoce avec ses pétales rose vif en forme de clochette.
Au sud de l’archipel, sur l’île de Kyushu, le fleurissement démarre tôt. Voici quelques sites à retenir :

  • Fukuoka : visitez le parc Maizuru (autour du château de Fukuoka), le sanctuaire Atago, le parc Nishi et le parc Katsuyama autant de lieux qui se parent très tôt de rose et blanc.
  • Kumamoto : déambulez autour du château de Hotyoshi et dans l’allée de Yukuyuko ou rejoignez le village de Minamiaso et son immense arbre remarquable « Isshingyo no Ozakura ».
  • Nagasaki : les parcs Tateyama et Omura, sur la côte ouest de Kyushu, offrent un cadre paisible et une belle vue sur la baie.
  • Miyazaki : le site de Saitobaru Kofungun permet de profiter des fleurs dans un environnement plus rural, à l’écart de l’agitation des villes.

Haut de page

En relation avec cet article

- ça serait dommage de passer à côté... -