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Le Mag' de Tirawa : Carnet de voyage - Dire bonjour en japonais : maîtriser l’art des salutations

Dire bonjour en japonais : maîtriser l’art des salutations

Dire bonjour en japonais : maîtriser l’art des salutations

Dire bonjour en japonais, ça commence souvent par un konnichiwa lancé avec le sourire. C’est déjà un bon début. Mais, vous allez le voir, les salutations au Japon vont un peu plus loin que ça. Elles varient selon le cadre, l’heure, le contexte et la personne en face de vous. Pas de panique, pas besoin de cours intensifs non plus. Il suffit de quelques expressions bien choisies pour changer la façon dont vous serez perçu sur place.

Dans cet article, Tirawa vous donne les clés pour saluer comme il se doit, avec les bons mots et au bon moment : du matin au soir, face à un inconnu ou à un commerçant, au téléphone ou à l’entrée d’un restaurant. Un voyage au Japon, c’est aussi savoir s’adapter à une culture du respect avec des codes bien différents de ceux de la France et de l’Europe. Et le contraste avec nos habitudes, c’est bien ce qui rend les voyages passionnants.

L’importance des salutations (Aisatsu) pour s’intégrer en douceur

Le terme aisatsu recouvre à la fois les mots pour se saluer et les règles qui régissent ces interactions. Plus que du vocabulaire, aisatsu englobe aussi un code social.

Ces formules coutumières posent un cadre aux échanges. Selon les situations, elles reflètent le respect hiérarchique et renforcent les liens. À quoi sert de savoir dire bonjour correctement lorsqu’on est seulement de passage ? C’est très utile pour montrer que vous vous intéressez à la culture japonaise, dans ce qu’elle a de plus élémentaire. Et vous verrez, les Japonais le remarquent.

  • À l’origine, le mot aisatsu vient du bouddhisme zen. Par ce terme, les pratiquants s’interrogeaient mutuellement sur leur degré d’éveil. Aujourd’hui, le fond reste le même : la salutation est une vérification mutuelle, un signal envoyé à l’autre pour dire « je vous vois, je vous respecte ».
  • Aujourd’hui les salutations prennent plusieurs formes selon le contexte, mais retenez une chose : elles ne sont jamais tactiles !
  • Les touristes étrangers bénéficient d’une relative bienveillance. Les Japonais ne s’attendent pas à ce qu’ils maîtrisent tous les codes de leur culture. Mais faire l’effort, même imparfaitement, change tout dans les relations que vous pourrez nouer.

Ohayo gozaimasu : bien commencer la journée

  • Ohayo gozaimasu : c’est le bonjour du matin. Poli, chaleureux, universel dans les moments formels.
  • En général, Ohayou gozaimasu s’emploie jusqu’à onze heures. Pendant une heure, de onze heures à midi, « Ohayo gozaimasu » et « Konnichiwa » coexistent. Après midi, on oublie complètement le ohayo.
  • Entre amis ou en famille, le bonjour raccourcit en Ohayo, sans le gozaimasu qui porte la marque de politesse. C’est l’équivalent du « salut » français.
  • À retenir : le matin dans un hôtel, face au personnel, à votre guide ou à une personne croisée dans la rue ou sur un marché, dites ohayo gozaimasu. Et ainsi, vous ne pouvez pas vous tromper.

Konnichiwa : l’expression incontournable pour vos rencontres en journée

  • Konnichiwa : le bonjour que tout le monde connaît. Il s’utilise en milieu de journée, de la fin de matinée jusqu’en début de soirée.
  • C’est la formule passe-partout avec les inconnus, dans les commerces, face à un passant à qui vous demandez votre chemin. Polie sans être guindée. Accessible sans être familière.
  • Avec des amis proches, konnichiwa est en réalité trop formel pour le contexte. Entre personnes qui se connaissent bien, on s’en passe.
  • À retenir : pour un voyageur au Japon, konnichiwa couvre la grande majorité des moments de la journée. C’est votre valeur sûre.

Konnichiwa

Konbanwa : l’art de saluer en soirée

  • Konbanwa : bonsoir. À utiliser dès que le soleil commence à descendre, en fin d’après-midi et tout au long de la soirée.
  • Les kanji (idéogrammes japonais) de konbanwa signifient littéralement « ce soir ». L’utilisation de cette expression suit la même logique que konnichiwa, mais pour la seconde partie de la journée. Les Japonais font la distinction avec une précision qui n’existe pas en français, où « bonjour » peut durer toute la journée.
  • Oyasumi nasai : quand vient l’heure du coucher, cela signifie « bonne nuit ». Cette expression polie est bien adaptée pour le personnel de l’hôtel ou des personnes avec qui vous n’êtes pas en familiarité. Entre proches, on dit simplement Oyasumi.
  • À retenir : oyasumi nasai ne s’utilise pas pour saluer dans la rue le soir. C’est exclusivement une formule de début de nuit, avant d’aller dormir. Dire « oyasumi nasai » a quelqu’un que vous croisez à 20 h dans un restaurant, c’est lui souhaiter une bonne nuit alors qu’il commence sa soirée. Pas vraiment approprié.

Le langage corporel : accompagner la parole par le geste

Au Japon, on ne se touche pas pour se dire bonjour. Oubliez la bise à la française ! Quant à la poignée de main, elle est extrêmement rare. Le contact physique entre inconnus est rare. Ce qui remplace tout ça, c’est l’inclinaison du buste, l’ojigi.

Il en existe trois types :

  • Eshaku : inclinaison à 15 degrés, entre personnes de statut égal. C’est le salut du quotidien.
  • Keirei : inclinaison à 30 degrés, pour s’adresser à un client ou un supérieur.
  • Saikeirei : inclinaison à 45 degrés ou plus, réservé aux personnalités importantes ou aux excuses très sincères.

En voyage, l’eshaku à 15 degrés est votre meilleur allié. Un léger mouvement du buste, naturel et discret, s’adapte à presque tous les contextes.

  • Le salut s’effectue les bras le long du corps, mains sur le côté pour les hommes, sur l’avant du corps pour les femmes.
  • Le regard se baisse légèrement au moment de l’inclinaison. Regarder fixement son interlocuteur dans les yeux pendant la courbette sonne faux.
  • Ne vous contentez pas d’incliner seulement la tête. Le mouvement part du buste, avec le dos droit. Quelques séances d’entraînement devant la glace suffisent pour prendre le pli !

Comprendre les niveaux de politesse selon votre interlocuteur

Le japonais est une langue à plusieurs niveaux de politesse. Ce n’est pas de la coquetterie linguistique. Mais plutôt le reflet d’une organisation sociale précise. Ce système s’appelle le keigo. Il existe trois niveaux principaux :

  • Teineigo : le niveau de base de la politesse. Celui que vous utiliserez dans la grande majorité des circonstances en voyage.
  • Sonkeigo : pour exprimer le respect envers l’autre. On l’utilise pour parler des actions d’une personne qu’on respecte.
  • Kenjougo : pour exprimer l’humilité en parlant de soi-même.

En pratique, pour un voyageur :

  • Avec des inconnus, des personnes âgées, du personnel, un guide : utilisez toujours la forme polie.
  • En cas de doute, choisissez la formule la plus formelle. Mieux vaut être trop poli que trop familier.
  • Ohayo gozaimasu plutôt qu’ohayo avec les inconnus. Arigato gozaimasu (merci beaucoup) plutôt qu’arigato dans un commerce.

La version longue est infaillible. Après tout, est-on jamais trop poli ?

Comportement face à un senior

Les salutations spécifiques : au téléphone ou dans les commerces

Deux moments de la vie quotidienne méritent une attention particulière lorsqu’il s’agit de dire bonjour en japonais.

Au téléphone :

  • Les Japonais n’utilisent pas konnichiwa pour répondre au téléphone. Ils disent Moshi moshi.
  • Cette formule est exclusivement réservée aux appels. C’est l’équivalent du « allo » français.
  • Dans un contexte professionnel, on remplace moshi moshi par hai suivi du nom de l’entreprise ou de son propre nom.

Dans les commerces :

  • Vous serez accueillis par un Irasshaimase lancé à voix haute dès que vous franchissez la porte. Ça signifie « bienvenue ».
  • Cette salutation est à sens unique, elle n’appelle pas de réponse. De la part de la clientèle, un sourire ou un hochement de tête suffit.

Magasin bonjour

Préparer ses premiers échanges avant le départ

Quelques expressions supplémentaires pourront vous être utiles une fois sur place :

  • Hajimemashite : « enchanté, c’est la première fois qu’on se rencontre. » À utiliser lors d’une présentation.
  • Yoroshiku onegaishimasu : formule de bienveillance pour la relation à venir. On l’ajoute après une présentation, c’est une façon de dire « je suis à votre disposition ».
  • Sumimasen : « excusez-moi. » Indispensable pour aborder une personne dans la rue, attirer l’attention d’un serveur ou dépasser dans un couloir. C’est le couteau suisse des formules de politesse.
  • Genki desu ka ? : « vous allez bien ? » À utiliser avec quelqu’un qu’on ne voit pas souvent, plutôt que comme un automatisme du quotidien.
  • Hisashiburi desu ne : « ça fait longtemps ! » Pour retrouver une connaissance qu’on n’a pas vue depuis un moment. La forme informelle entre proches est raccourcie à hisashiburi.

Avant de partir, apprenez aussi la prononciation correcte de vos destinations : noms de villes, de quartiers, de stations de métro. Cela pourra débloquer des situations et éviter des quiproquos. Et pour savoir comment prendre congé de vos interlocuteurs, maîtriser toutes les façons de dire au revoir en japonais pourra toujours servir…

FAQ :

À quel point faut-il s’incliner pour dire bonjour ?

Pour les salutations du quotidien, une inclinaison à 15 degrés suffit largement. C’est l’eshaku, le geste standard entre personnes de statut égal. Les 30 degrés s’adressent à un supérieur ou un client, les 45 degrés sont réservés aux situations exceptionnelles.

En voyage, pas besoin de vous plier en deux face à un commerçant. Un mouvement discret et sincère du buste est toujours bien reçu. L’intention compte autant que la technique.

Faut-il regarder la personne dans les yeux en la saluant ?

Non, pas au moment de l’inclinaison. Le regard se baisse pendant l’ojigi (la salutation inclinée), puis se relève une fois le buste redressé. Contrairement aux codes occidentaux où le contact visuel est signe de franchise, le regard baissé est une marque de respect au Japon. Cela n’exprime pas de la timidité, c’est plutôt un signe de considération pour l’étiquette japonaise.

Faut-il joindre les mains pour saluer au Japon ?

Non. Les mains jointes appartiennent à la sphère religieuse, au Japon. Pour les saluts courants, les hommes gardent les mains le long du corps, les femmes les posent sur l’avant du corps. C’est une erreur fréquente : certains voyageurs confondent les codes asiatiques. En Thaïlande, c’est le wai, mains jointes. Au Japon, c’est l’ojigi, mains libres. Deux pratiques bien distinctes pour deux pays tout à fait différents.

Peut-on dire Konnichiwa à n’importe qui ?

Oui, dans la grande majorité des situations de la journée. Konnichiwa est neutre, poli, adapté aux inconnus, aux commerçants, aux passants. Avec des amis proches, c’est un registre trop formel. On préfère alors des salutations plus décontractées. Mais pour un voyageur, konnichiwa en journée reste le meilleur moyen de ne pas faire d’erreur.

Comment répondre à l’expression « Irasshaimase » dans les magasins ?

Vous n’avez pas à répondre. Irasshaimase est prononcé par le personnel de façon quasi automatique, parfois sans même vous regarder directement. Ce n’est pas une invitation à la conversation. Un sourire, un hochement de tête discret, et vous continuez votre entrée. Le silence souriant est parfaitement correct.

Dois-je essayer de parler japonais ou l’anglais suffit-il ?

L’anglais suffit dans les grandes villes, les zones touristiques et les hôtels internationaux. Mais quelques mots de japonais changent la dynamique d’une rencontre. Et puis, c’est toujours agréable de démarrer un échange par un sumimasen (excusez-moi) avant d’enchaîner par un « do you speak English ? ».

Vous le constaterez par vous-même, vous n’avez pas besoin de parler couramment japonais pour être bien accueilli sur l’archipel nippon. Le savoir-vivre à la japonaise est une des composantes qui rend chaque voyage au Japon si agréable. Apprendre à dire bonjour en japonais et quelques autres expressions courantes montre que vous faites l’effort. Et ça, c’est déjà un bon début !

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