
Kyoto hors des sentiers battus
Idées de voyage - Asie Pacifique - Japon -
06.04.2018
Mis à jour le 03.04.2026
Tour de Kyoto par Luciano Lepre, photographe, grand spécialiste (passionné !) par la culture Nippone et guide pour Tirawa.
« Kyoto, tout le monde croit la connaître. Fushimi Inari, le Pavillon d’or, le quartier de Gion… Ces lieux sont beaux, je ne le nierai pas. Mais la vraie Kyoto, celle qui vous marque, elle se mérite. Il faut sortir du flux des voyageurs, s’aventurer dans les collines, pousser des portes de lieux cachés que les circuits classiques ignorent. C’est ce Kyoto-là que j’ai envie de vous faire découvrir ».
Pour explorer les circuits au Japon avec Tirawa, encore faut-il savoir où regarder. Luciano Lepré, photographe, spécialiste de la culture nippone et guide passionné, vous livre ici son tour de Kyoto hors des sentiers battus. Préparez-vous à un mélange de coups de cœur discrets, de lieux oubliés et d’étapes qui changent vraiment un voyage.
Ada Shino Nenbutsuji
Sur une colline du quartier de Sagano, en banlieue nord-ouest de Kyoto, ce temple bouddhiste est l’un des sites les plus étranges et les plus bouleversants que je connaisse. Il abrite un cimetière de près de 8 000 statuettes bouddhiqueset stupas, dressés depuis l’Antiquité en mémoire des âmes défuntes abandonnées dans les champs. L’endroit est silencieux, recouvert de mousse, traversé par une lumière filtrée par les arbres du jardin. On n’est pas dans le registre du pittoresque. On est plutôt dans celui du recueillement. Une visite courte, mais une expérience qui ne vous quitte pas.
Otagi Nenbutsu-ji : la fantaisie des 1 200 statues de pierre
À 10 minutes à pied de ce premier temple, voilà un lieu que j’adore montrer aux voyageurs qui pensent avoir déjà tout vu au Japon. Otagi Nenbutsu-ji se trouve aussi dans le quartier de Sagano, au pied du mont Atago. Le temple lui-même est humble, mais ce qui l’entoure est unique : 1 200 statues de Rakan. Entre 1981 et 1991, des artisans amateurs ont sculpté ces disciples de Bouddha, sous la direction du sculpteur Kocho Nishimura. Et vous n’en trouverez pas deux identiques ! Certaines sourient, d’autres grimacent, une tient un appareil photo, une autre porte des lunettes. Il y en a de facétieuses, de mélancoliques, de presque enfantines.
Ce n’est pas du grand art sacré au sens académique du terme et c’est justement ce qui le rend irrésistible. Ce lieu raconte quelque chose d’essentiel sur le rapport des Japonais au bouddhisme : la spiritualité n’est pas solennelle ici, elle est vivante, ancrée dans le quotidien, parfois malicieuse. On se promène entre ces visages de pierre recouverts de mousse, dans un sous-bois calme où les horaires et les foules n’existent plus. Cet endroit mérite d’y passer du temps et de jouer avec la lumière et les points de vue pour prendre de belles photos.

L’ensemble de Daitoku-ji
Au nord-ouest de la ville, Daitoku-ji est un monde à part. Ce vaste complexe du courant zen Rinzai, fondé en 1319 par Daito Kokushi, regroupe une vingtaine de temples secondaires, dont quatre sont ouverts au public. Détruit pendant la guerre d’Ônin au XVe siècle, il fut reconstruit grâce aux donations de riches marchands et de seigneurs daimyo qui y établirent leurs propres pavillons, transformant progressivement le monastère en village de temples zen. Ce qui frappe ici, c’est la précision. Les jardins (dont le plus petit jardin zen de Kyoto) sont d’une perfection presque irréelle. Au Japon, la sérénité n’est pas un décor. Et ici, c’est encore plus vrai : elle se vit étape après étape, dans le détail de chaque roche posée.
Ninna - Ji
Je visite souvent les temples pour leur histoire. Ninna-ji, on y vient pour son verger. Et le jardin est gigantesque ! Au printemps, les cerisiers transforment l’enceinte du temple en un spectacle d’une rare densité. Ici, les arbres sont de la variété naine Omuro, avec des fleurs épaisses et légèrement tardives. Contrairement aux sakura de Maruyama-koen que tout le monde photographie, ceux-là, on les longe à hauteur des yeux, on peut presque les toucher. Les voyageurs qui me suivent sur ce circuit ne l’oublient pas. À quelques encablures du Kinkaku-Ji et du Ryoan-Ji, ce temple figure rarement sur les circuits. Et pourtant ! La visite de Ninna-ji, c’est encore une journée que l’on garde en mémoire. Pour son esthétique, l’élégance de la grande pagode, son ambiance confidentielle, la vue sublime sur les jardins. Et peut-être pour les goshins que vous pourrez rapporter comme souvenir de votre voyage au Japon.

Le temple d’Enkoji
Fondé en 1601 par le shogun Tokugawa Ieyasu, Enkoji appartient à l’école Rinzai zen. C’est un temple discret, peu fréquenté, et c’est ce qui en fait une étape précieuse dans un circuit à Kyoto. On y apprécie la nature divinement maîtrisée : un jardin de mousses d’une grande douceur, des érables qui prennent des couleurs remarquables en automne. Non loin, le temple de Daigo-ji, classé au patrimoine mondial de l’humanité UNESCO, propose une tout autre expérience. Sa pagode à quatre toits en fait l’une des plus anciennes structures en bois du Japon. Elle est posée dans un écrin de nature qui change de visage au fil des saisons. Je pourrais rester des heures à contempler la vue panoramique sur le quartier d’Higashiyama et la ville de Kyoto, bercé par le tintement des carillons d’eau.


Le quartier de Takao et le temple Kozan-ji : berceau du thé japonais
Dans le village de Takao, on se trouve en pleine campagne, à une quinzaine de kilomètres au nord-ouest de la ville. En bus depuis Kyoto, on s’éloigne du flux touristique et l’on arrive dans une vallée forestière où trois temples bouddhistes coexistent dans une atmosphère d’une authenticité rare. Kozan-ji est celui qui me touche le plus. Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, il est entouré d’une forêt de cèdres, de pins et d’érables. Les jardins sont magnifiques à l’automne au moment du Koyo. Une exposition permanente de peintures et d’artefacts intéressants mérite l’attention. Sa construction remonte à environ 774. Mais ce qui le distingue vraiment, c’est son titre : ce temple revendique d’être le premier site de plantation de thé au Japon. Les théiers y ont été restaurés pour mémoire. Et une cérémonie annuelle se déroule après les récoltes du thé vert dans la région.
Attention ! Ne confondez pas ce Takao avec le mont éponyme situé près de Tokyo.

Au-delà d’Arashiyama : les bambouseraies secrètes de Muko-shi
La bambouseraie d’Arashiyama est l’un des sites les plus emblématiques de Kyoto. Et c’est vrai qu’elle mérite sa réputation. Mais pour les voyageurs qui souhaitent compléter cette étape par quelque chose de plus intime, il existe une alternative que peu de guides mentionnent. Un peu plus loin vers la commune de Muko-shi, on trouve des plantations de bambous tout aussi saisissantes, et quasi désertes.
On accède au parc de bambous Rakusai par le Take-no-Michi et le lieu respire la sérénité. Le craquement des tiges sous le vent, une lumière verticale qui découpe l’espace en lames vertes, le sentiment de privilège d’être seul dans un paysage japonais comme on l’a rêvé avant de partir au Japon. Il faut accepter de se perdre un peu, ce qui est toujours une bonne nouvelle dans ce pays. On longe des champs, des maisons de bois, des petits sanctuaires oubliés. C’est l’expérience que je cherche à offrir aux voyageurs qui me suivent : pas la carte postale, mais le sentiment d’avoir trouvé quelque chose qui échappe à d’autres. Un de ces lieux que l’on garde pour soi, et que l’on a envie de retrouver. C’est ma conception du voyage hors des sentiers battus.
Nishijin : plongée dans les ruelles des artisans tisserands
Nishijin est un quartier que j’affectionne pour une raison simple : il ressemble encore à ce qu’il était. Entre le sanctuaire Kitano Tenmangū à l’ouest et le palais impérial à l’est, ces ruelles ont longtemps abrité les ateliers textiles produisant le célèbre tissu Nishijin-Ori. Depuis le déclin du kimono traditionnel, les maisons se sont vidées de leurs métiers à tisser, mais pas de leur âme.
Au Centre textile de Nishijin, on peut encore observer un artisan manier la machine jacquard manuelle, découvrir et louer des kimonos, et au premier étage, goûter à une cuisine japonaise traditionnelle.

L’activité textile passée a laissé d’autres traces plus gourmandes dans ce quartier : les boutiques de wagashi. Des maisons qui fabriquent ces pâtisseries traditionnelles, on en trouve à chaque coin de rue. Ou presque ! Parmi mes friandises préférées, il y a le Gosho-Guruma, un cube de pâte de haricots rouges enrobé de farine de mochi, le Yūmochi (un gâteau de riz) ou le Tsubara Tsubara, un genre de crêpe fourrée. Et si vous appréciez la gastronomie du Japon autant que moi, vous pourrez réserver un atelier de fabrication dans une de ces boutiques. Certaines sont de véritables monuments pour les Japonais et quel meilleur lieu qu’une pâtisserie mythique pour vivre une cérémonie du thé ? Des douceurs fondantes et délicieuses, un bol de thé sencha ou matcha fumant, un cadre qui n’a pas changé depuis des générations… un moment suspendu à savourer !
Kamishichiken : flânerie nocturne dans le plus ancien (et discret) quartier des geishas
Tout le monde connaît Gion. Beaucoup moins connaissent Kamishichiken. Pourtant, le plus ancien quartier de geiko de la ville, qui n’a rien à lui envier. Geiko est le terme utilisé à Kyoto pour désigner une geisha. Situé non loin du sanctuaire Kitano Tenmangū, ce quartier compte parmi les lieux les plus préservés de la ville. Les maisons de bois à deux étages, les lanternes orangées, les façades discrètes des maisons de thé : tout ici respire une autre époque.
On peut traduire le nom du quartier par « Sept Maisons Hautes ». Pourquoi ? Parce qu’à l’époque Muromachi, sept maisons de thé ont été construites avec les matériaux restants lors de la reconstruction du sanctuaire Kitano Tenmangū. Le soir, on croise souvent des geiko ou des maiko (geisha en formation). Le rythme est calme, on est loin de l’animation nocturne des quartiers branchés. Mais découvrir une ville qui vit à son rythme et sans la foule, c’est aussi une expérience de voyage, non ?


La randonnée mystique de Kurama à Kibune : sur les traces des esprits Tengu
C’est l’une de mes randonnées préférées au Japon, et elle commence en train depuis le centre de Kyoto. On descend à la station de Kurama puis on s’enfonce dans une forêt dense et silencieuse, pour rejoindre le célèbre sanctuaire de Kurama-dera. La montée est physique, rythmée par les marches en pierre et le chant des cigales en été. Autour de nous, l’atmosphère est chargée de spiritualité. Selon la tradition, ces forêts sont peuplées de Tengu, ces esprits à bec de corvidé qui incarnent la sagesse et le danger mêlés. Le chemin traverse des sous-bois un peu mystiques et passe devant des autels discrets posés entre les racines des cèdres. Puis on descend progressivement vers le village de Kibune, au bord d’une rivière bordée de lanternes. En été, les restaurants servent leurs plats directement sur des plateformes installées au-dessus de l’eau. Ce genre d’étape, je ne me lasse pas de l’accompagner. C’est une journée de randonnée courte (deux heures environ), mais d’une rare intensité.

FAQ
Comment se déplacer facilement vers ces temples éloignés du centre ?
La plupart des sites présentés ici sont accessibles en bus depuis le centre de Kyoto. Comme partout au Japon, le réseau municipal est dense et les horaires sont fiables. Avec un day pass vous circulez librement toute la journée à un coût raisonnable. Pour Takao, le bus JR est conseillé depuis la gare Centrale, compter environ 50 minutes de trajet. Pour Kurama et Kibune, le train Eizan depuis la station Demachiyanagi vous dépose directement.
Un conseil : choisir de voyager avec Tirawa vous garantit une optimisation des itinéraires et des temps de trajet. Votre guide assure le bon enchaînement de vos visites et vous n’avez qu’une seule préoccupation : ouvrir les yeux et profiter du voyage !
Quelle est la meilleure période pour visiter Kyoto ?
- Le printemps, de mi-mars à début mai, reste la saison idéale pour découvrir Kyoto et ses temples. Surtout si vous voulez profiter d’hanami, la floraison des cerisiers et vivre l’expérience de l’intérieur.
- L’automne, de mi-novembre à début décembre, offre des couleurs spectaculaires dans les jardins japonais et les forêts de la ville. C’est l’époque du koyo, le rougeoiement des érables et la ville prend d’autres couleurs.
- L’été est chaud et humide. C’est la meilleure période pour la randonnée de Kurama à Kibune, quand les restaurants de ce quartier posent leurs tables sur l’eau.
- L’hiver apporte une lumière douce sur les sites et des foules beaucoup moins denses. Les jardins sous la neige prennent une autre allure. C’est une période parfaite pour voyager hors des sentiers battus et loin des foules.
Je ne suis pas le plus objectif, car j’aime le Japon en toutes saisons ! J’y voyage depuis plus de 30 ans et le pays me fascine toujours… Quelles que soient vos préférences de départ, vous pouvez faire confiance à Tirawa. Pour les circuits au Japon, les dates sont soigneusement calées sur les fenêtres de saison les plus favorables pour offrir la meilleure expérience possible aux voyageurs.
Faut-il réserver à l’avance pour visiter ces endroits méconnus ?
Pour la plupart des temples et sites présentés dans ce guide, la réservation n’est pas nécessaire. Ces lieux de Kyoto hors des sentiers battus accueillent naturellement moins de voyageurs que les grands sites touristiques comme Fushimi Inari ou Higashiyama. En revanche, pour certaines expériences spécifiques dans les quartiers comme Nishijin, notamment la fabrication de wagashi, une dégustation de saké ou une cérémonie du thé avec une geisha à Kamishichiken, la réservation est fortement conseillée. Vérifiez systématiquement les horaires d’ouverture avant chaque visite, certains temples ferment le lundi ou durant des périodes particulières. Et si vous n’avez pas le temps pour une bonne préparation de votre voyage, confiez cette tâche à Tirawa. Plus de 25 années d’expérience dans l’organisation de séjour font toujours la différence !
En relation avec cet article
- ça serait dommage de passer à côté... -
- Idée de circuit -
Trésors du JaponJP 602 / 15 jours
Voici une excellente introduction pour découvrir le Japon, pays tout en contraste mêlant étonnamment traditions s&eac...
Découvrir ce circuit
- Tous nos circuits -
Circuits et voyages
Japon
Un voyage au japon est un étonnant mélange de mégalopoles ultra modernes et d'étendues montagneuses,......
Découvrir le pays
- À découvrir dans le mag' -
Culture nippone : décrypter l’âme d’un pays tout en...Publié le 24.04.2026
Le Japon, sa culture et ses traditions se trouvent, historiquement, aux antipodes de celle de l’Occident. Contrastes et complexité sont t......
Découvrir l'article
- Nos départs garantis -
Faites votre sac !
Découvrez ici nos voyages garantis au Japon....
Découvrir
