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Horizon : Le Mag' de Tirawa

Le Mag' de Tirawa : Carnet de voyage - Volcans de feu et splendeurs Mayas

Volcans de feu et splendeurs Mayas

Regard de voyageur rédigé par Michel Cahu

Départ pour l'ascension du volcan Acatenango

- Volcans de feu et splendeurs Mayas -

Guatemala, Amériques

Petit déjeuner à 7 heures. Départ en véhicule jusqu'au Cerro de la Cruz d'où nous jouissons d'un magnifique panorama sur la ville d'Antigua, le volcan Agua derrière et les sommets des volcans Acatenango et Fuego sur la droite. Nous prenons maintenant la direction du village de la Soledad, à l'ouest d'Antigua. Nous nous arrêtons une première fois pour prendre Victor, le cuisinier et, une seconde au service de la Police du Tourisme. Les deux agents qui doivent nous accompagner ne sont pas prêts, ils nous rejoindront plus tard. Nous quittons la route principale et nous nous engageons sur une piste, asphaltée au départ, puis en terre avec des endroits en mauvais états, nids de poules. De nombreux lacets, certains assez courts. Un arrêt pour photographier l'Acatenango (3976 m) dont nous allons attaquer l'ascension dans quelques instants. Peu après, nous arrivons à la Soledad (2500 m). Nos gros sacs restent dans le minibus. Nos duvets, matelas, les tentes et la nourriture sont répartis pour être pris en charge par des porteurs. Un petit cheval transportera notamment une grosse bonbonne d'eau en matière plastique. Quant à nous, nous ne portons que nos affaires personnelles pour deux jours. Moyennant finances, (250 quetzals, environ 23 ?), un porteur se chargera du sac de Maryse aussi bien à la montée qu'à la descente. Il est 10 h 10 quand nous nous lançons dans la montée, d'abord bien raide, toute droite, avec un sol recouvert de scories volcaniques sur lesquelles le pied dérape parfois. Oliverio monte doucement, d'un pas régulier. A droite et à gauche, une zone de cultures. Des parcelles où apparaissent des restes de pieds de maïs, d'autres de petits pois nains, beaucoup d'arums, vestiges de cette culture florale importante, des parcelles nues en préparation ou en attente de semailles. On peut parler de jardinage, le travail de la terre, très fertile au pied du volcan, se fait uniquement à la main. Le paysan guatémaltèque se rendant au champ porte une houe sur l'épaule et une machette à la ceinture ou à la main. Il ne se sépare gère de ce deuxième outil. Nous faisons une première pause près d'un arbre très vieux, au tronc difforme, comme creusé de mini grottes, un canac. A côté un champ de choux, de gros radis rouges également. Nous entrons alors dans la forêt primaire. Le sol devient plus compact sous nos pas. La montée est régulière mais en lacets, ce que j'apprécie davantage. Seconde pause sur un petit plateau. Tandis que nous allons continuer en direction des sommets de l'Acatenango, les porteurs vont les contourner et rejoindre les terrasses où sera implanté notre camp de ce soir. A la forêt primaire succède une forêt de pins, la plupart morts, squelettes dénudés, un incendie ayant sévi sur cette pente. Oliverio maintient une cadence lente, suivi de Chantal, la gazelle du groupe, de moi-même, d'Annie qui grimpe bien mais dont le rythme ralentit avec l'altitude et de Richard. Quant à Maryse et Bernard, ils suivent à distance. Est-ce le premier sommet juste après les derniers pins ? Non pas, il s'agit d'une butte qui nous le dissimule encore. A chaque fois que je lève le nez pour juger de notre progression, j'ai l'impression que nous ne nous en rapprochons pas. Peut-être recule-t-elle ou s'étire-t-elle à mesure que nous nous élevons ? Enfin, nous sortons de cette zone et avançons maintenant sur un sol recouvert de cendre et de scories volcaniques. Une marche plus fatigante mais qui nous permet d'atteindre un sommet arrondi, le Yepocapa (3800 m), premier pic de l'Acatenango. Depuis le départ, nous nous sommes élevés de 1300 mètres. Nous ne sommes pas encore au bout de nos peines, notre but étant de monter au deuxième pic à 3976 mètres. Plus que 176 m de dénivelée ! En théorie, oui. En réalité, non ! En effet, il nous faut d'abord descendre jusqu'à un col à 3750 mètres avant d'entamer la dernière longueur qui, vue d'ici, ne paraît pas une mince affaire. Le sentier s'élève dans la pente, sur la droite d'un cratère égueulé. Maryse et Bernard demandent à Oliverio s'il est possible de rejoindre le camp sans passer par le sommet. Leur porteur consulté, va les accompagner par la gauche et ils nous attendront en un endroit où nous les rejoindrons. Nous repartons donc à quatre derrière Oliverio qui monte vraiment piano et toujours dans l'ordre qui s'est établi tout naturellement. Une montée très pénible dans les scories. Le pied accroche mal quand on prend appui dessus pour avancer l'autre. Il lui arrive même de redescendre un peu et, heureusement, les bâtons sont là pour permettre de garder l'équilibre. Mais cela demande un effort supplémentaire et, la fatigue s'accumulant, le rythme respiratoire s'accélère alors. Je distingue des roches au-dessus de cette première partie de montée. J'ai hâte de les atteindre, pensant que je vais moins peiner. Erreur ! Les roches ne sont pas serrées et, la plupart du temps, le sentier serpente entre elles, dans la cendre. Encore un effort ! Le but est là, tout proche. Soudain, le Fuego, jusqu'alors invisible, se dresse devant nous et nous gratifie de quelques explosions donnant naissance à un panache de type fumée s'élevant dans le ciel au-dessus de son cratère. Première récompense ! Une dernière pente, assez douce il me semble, et au sol bien dur et nous voilà près de la croix - dont la barre verticale supérieure a disparu - marquant le sommet de l'Acatenango. Victoire ! Le bras levé avec le poing serré, nous cognons le poing de l'autre, montrant ainsi notre satisfaction d'être parvenus ensemble jusqu'ici. Au fond de moi, je suis heureux, ma vieille carcasse a tenu le coup une fois de plus et m'a ainsi permis de me hisser à presque 4000 mètres. Je n'ai pas ressenti les effets de l'altitude. Il nous a fallu environ 45 minutes pour effectuer cette dernière longueur, la meilleure, et un peu plus de 5 heures et demie pour parcourir le tout. Quelques photos souvenir et il nous faut songer à quitter les lieux, des nuages de plus en plus foncés montant de la vallée. Déjà, une mer de nuages nous dissimule les parties basses. De là-haut, nous apercevons nos deux compatriotes et leur porteur. Nous descendons, nos pieds s'enfonçant dans une couche profonde de cendre noire. Nous pouvons presque courir, sans risque car, même si nous chutons, ce qui m'arrive une fois, nous ne pouvons pas nous faire mal. Le seul ennui, c'est qu'à chaque foulée, nous levons une telle quantité de poussière que nous en prenons plein les narines. Une fois tous réunis, nous continuons, au-dessous du sommet, suivant une trace laissée par des prédécesseurs. Quelques empreintes d'animaux, renards ou coyotes. Il est presque 17 heures lorsque nous arrivons au camp où seule la tente mess est montée, sur une petite terrasse, à 3600 mètres. Seuls deux porteurs vont passer la nuit avec nous. Les autres sont redescendus à la Soledad et remonteront demain matin. Il ne nous reste plus qu'à installer nos tentes. Maryse et Bernard près de la tente mess et les trois nôtres, toutes proches les unes des autres, sur une terrasse au-dessus. Un peu plus haut, un petit groupe d'allemands est déjà en place avec notamment un appareil photo fixé sur un trépied et muni d'un téléobjectif puissant braqué en direction du Fuego. Ce dernier, qui nous paraît tout proche, culmine à 3763 mètres, juste en face, et pourtant à 3 kilomètres à vol d'oiseau. Si nous sommes montés jusqu'ici, c'est avant tout pour observer les activités du Fuego. Explosions suivies de projections vers le ciel selon une fréquence totalement irrégulière. Deux ou trois manifestations peuvent se produire en l'espace de 10 à 15 minutes puis rien d'apparent pendant une heure, voire plus. Le volcan ne s'est pas tu pour autant et par moments, je perçois le bruit d'un bouillonnement. J'ai alors l'image du lait qui bout dans une casserole avec un anti-monte-lait. Le but de cet accessoire n'étant pas d'empêcher le lait de passer par-dessus le bord de la casserole mais de faire du bruit afin d'alerter la ménagère qu'il vaut mieux intervenir avant la catastrophe. Si l'on ne baisse pas l'intensité du brûleur à gaz par exemple, l'anti-monte-lait libère en se soulevant des bulles d'air qui viennent éclater à la surface, provoquant des éclaboussures, le bouillonnement augmente, suivi d'un débordement intempestif. Pour le volcan, c'est sensiblement la même chose. Des bulles de gaz crèvent à la surface du magma en fusion, entraînant, lorsqu'elles sont très grosses, des particules incandescentes de lave. Avec la tombée de la nuit, de banal, le spectacle devient féerique. Les colonnes de cendre projetées vers le ciel se muent en gerbes d'étincelles. Et, lorsqu'il s'agit d'une explosion plus intense, des blocs incandescents dévalent les pentes du cratère. Un spectacle fascinant auquel j'assiste pour la première fois de ma vie. L'idéal serait de rester éveillé toute la nuit, chaque manifestation étant différente de la précédente. D'une part, à cette altitude, il ne fait pas chaud et, assis devant ma tente, je me refroidis. D'autre part, mon corps demande grâce et je baille comme plusieurs carpes réunies. De plus, le Fuego semble en phase de repos. Aussi, je rentre et apprécie de m'enfiler dans mon duvet. Mais, presque aussitôt, trois explosions assez rapprochées et qui me paraissent importantes ont lieu. J'aurais dû patienter encore un peu. Tant pis ! Il faut savoir être raisonnable. Au cours de la nuit, j'entends des bavardages, ce sont les deux policiers qui sont enfin arrivés. A un autre moment, je ressens une légère secousse. Oliverio me confirmera qu'effectivement la terre a tremblé.

 

L'Acatenango

Toisant l'ancienne capitale du Guatemala Antigua, l'Acatenango est un imposant stratovolcan, voisin du très actif Fuego. Il appartient à un complexe volcanique orienté nord-sud et qui comprend, respectivement du nord vers le sud, l'Acatenango ancien, le Yepocapa, le Pico Mayor (Acatenango récent), la Meseta et le Fuego. Ce complexe est en activité depuis près de 230 000 ans mais sa principale phase de croissance a débuté il y a un peu plus de 80 000 ans. Il y a 43 000 ans, l'Acatenango ancien a été affecté par une gigantesque avalanche de débris dont le dépôt (appelé La Democracia) s'est largement étalé sur la plaine Pacifique sur près de 300 km² et jusqu'à une distance de 50 km. L'activité du Pico Mayor débuta à la fin de l'activité du Yepocapa (potentiellement actif) il y a 20 000 ans. Ce strato-cône est constitué d'une alternance de dépôts pyroclastiques (explosions et nuées ardentes) et de coulées de lave. Les dernières éruptions explosives majeures se sont produites il y a 1900 et 2300 ans (derniers dépôts de coulées pyroclastiques). Celles enregistrées au 20ème siècles ont été seulement phréatiques. Le risque majeur à l'heure actuel réside dans l'instabilité des fortes pentes du volcan lors des saisons de pluie. Coulées de boue et glissements de terrain menacent en effet de nombreux villages et champs. www.activolcans.info/

 

Le Fuego

Le Fuego est un magnifique édifice cônique, s'élevant à côté de son jumeau l'Acatenango. Il s'agit d'un volcan très actif, construit sur les restes d'un édifice nommé Meseta, visible sous la forme d'un replat coincé entre Fuego et Acatenango. Le Meseta a formé une importante avalanche de débris, nommée Escuintla, qui s'étend jusqu'à 50 km de distance vers le sud, sur la plaine côtière. Le cône actuel du Fuego s'est construit dans la cicatrice laissée par l'avalanche Escuintla, à partir de magmas plus basiques que ceux de Meseta et d'Acatenango. Ses éruptions sont généralement Stromboliennes, formant des coulées parfois assez longues, et des fontaines de lave. La phase éruptive qui a débuté le 04 janvier 2002 est toujours en cours actuellement. La plupart du temps, elle se caractérise par une activité explosive strombolienne peu intense qui peut s'accompagner de coulées de lave (janvier-février-août 2002; janvier-juin-2003; de mars à décembre 2005). Parfois cette activité peut devenir plus intense et former des fontaines de lave (octobre, décembre 2004), voire des panaches vulcaniens (août 2002), parfois accompagnés de coulées pyroclastiques (juillet 2003, juillet, septembre, décembre 2005). Les lapilli et cendres déposés par cette activité soutenue ont pu générer des lahars (avril, mai, septembre, octobre 2004). www.activolcans.info/

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