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Le Mag' de Tirawa : Carnet de voyage - Bolivie : des tropiques à l'Altiplano

Bolivie : des tropiques à l'Altiplano

Bolivie : des tropiques à l'Altiplano écrit par Christian JUNI :  Le Mag' de Tirawa

Carnet de voyage rédigé par Christian JUNI

Bolivie : des tropiques à l'Altiplano

Bolivie, Amériques

  1. 01Départ pour les trésors boliviens
  2. 02De Paris à Santa Cruz de la Sierra
  3. 03De Santa Cruz à Conception
  4. 04De Concepcion à Santa Cruz
  5. 05De Santa Cruz à Samaipata
  6. 06De Samaipata au refuge des volcans
  7. 07Du Refuge des volcans à Santa Cruz
  8. 08Sucre
  9. 09Marché de Tarabuco
  10. 10Dans la Cordillera de Los Frailes, région de Sucre
  11. 11Potosi
  12. 12De Potosi à Uyuni
  13. 13D'Uyuni à Villamar
  14. 14Laguna Colorada
  15. 15Du Sud Lipez à San Juan
  16. 16Salar d'Uyuni... comme un air de banquise
  17. 17Salar d'Uyuni
  18. 18D'Uyuni à La Paz
  19. 19Tiwanaku
  20. 20Lac Titicaca
  21. 21Dernier jour de voyage

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Impossible de venir à Potosi sans payer tribut au Cerro Rico, la monstrueuse colline au teint rougeaud qui écrase la ville de toute sa masse. Après tout, nous autres Européens lui devons bien ça. Des historiens comme Fernand Braudel assurent que les 30 000 tonnes d'argent qu'on lui a soutiré au cours des siècles ont non seulement fait la gloire de l'Empire de Charles Quint mais ont été également à l'origine du capitalisme en Europe. Rien de moins. Les Espagnols ont commencé à exploiter ce formidable coffre-fort en 1545. Mais comme ils avaient mal au dos, ils ont préféré demander à leurs nouveaux amis indiens d'aller creuser à leur place. Le Vice-Roi du Pérou Francisco de Toledo, qui aurait sûrement pu faire un bon chef d'équipe chez Mac Do, organise le travail selon le système incaïque de la mita, un genre de service obligatoire, contraignant les heureux gagnants à trimer parfois 4 mois d'affilée sans sortir de leur trou. L'insatiable montagne, Moloch des temps modernes, va dévorer entre 6 et 8 millions d'esclaves (dont deux millions d'Africains) et bien souvent n'en recrachera même pas les os. Qu'importe, la civilisation est en marche. Youpi. Fin XVIIIe, Potosi est la cité la plus riche et la plus peuplée d'Amérique du Sud. Hélas, au siècle suivant, les filons commencent à cracher plus d'étain que d'argent et les choses se gâtent. La cité s'étiole. potosi-3 Aujourd'hui, la statue du mineur révolutionnaire, un fusil dans la main gauche et la droite posée sur son fidèle marteau-piqueur, nous rappelle la nationalisation des mines en 1952. Avec la chute des cours, l'État a depuis lâché les mineurs qui sont désormais organisés en coopératives. Ils sont 5 000 en ce moment à tenter leur chance dans le ventre de la montagne. Les touristes qui veulent jouer à Germinal, se rendent d'abord dans un vestiaire en ville où ils troquent leurs mocassins à glands contre des bottes en caoutchouc. Une casaque de moujik et un pantalon de zouave, dans lequel Depardieu lui-même se sentirait à l'aise, complètent la panoplie. Dans les rues du quartier, les équipes de touristes vert, jaune et rouge se croisent et se toisent. Nous avons opté pour un bleu traditionnel et passe-partout qui nous va plutôt bien au teint. Histoire de na pas arriver les mains vides, la guide nous fait passer par un " magasin de mineurs " où une rombière à l'air ficelle nous fourgue feuilles de coca, bâtons de dynamite et détonateurs comme s'ils s'agissait de navets ou de savonnettes. J'opte de mon côté pour un demi-litre de ce délicieux alcool de canne dont les 96 ° font toujours la joie et l'ébaudissement des invités à l'apéritif. Peu de temps après, la mine nous engloutit. A l'entrée de la galerie, un diable rouge membré comme un acteur de film X, se voit offrir tous les matins cigarettes et coups de gnôle gratis. El Tio est là pour protéger le mineur des mauvais esprits qui rôdent dans ces obscurs boyaux. potosi 3-2 Les cristaux d'amiante sur les parois font tantôt comme un duvet blanchâtre, tantôt comme un pop-corn qui aurait sauté de la poêle au plafond et y serait resté collé. L'air est chargé de remugles de soufre et de cordite. Tandis que la poussière tourbillonne dans les faisceaux des lampes, on imagine son cheminement par les trous de nez, le larynx, les bronches, les bronchioles et s'installer là tranquillement au chaud en attendant la tumeur. Ramiro Huisa, 22 ans -il en paraît 10 de plus - travaille là depuis l'âge de 14 ans. Son père, mineur, comme tous les mâles de la famille, est mort à 54 ans. L'espérance de vie classique pour un travailleur du Cerro Rico. Ramiro suit des cours du soir pour passer son bac. Il a décidé d'arrêter à 28 ans pour essayer de devenir mécano. Une petite lumière au bout du tunnel. potosi 3-3Engrenages complexes servant à préparer les feuilles d'argent - Bolivianite, un cristal rare -
Coffre fort d'époque avec mécanismes en argent
8 Octobre-12Manifestation de mineurs "anti Moralès" sur la place d'arme8 Octobre-14Le Cerro Rico, la montagne d'argent qui domine Potosi8 Octobre-16Statue de la liberté sur la place d'arme

 

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